Visite des 13 et 14 Novembre 2008 : Entretien entre Bernard Kouchner et Salam Fayyad
Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad se rend à Paris les 13 et 14 novembre dans le cadre d’une Conférence internationale sur l’eau organisée par la Fondation Jacques Chirac à l’UNESCO, le 13 novembre.

Ci-dessous les propos de Monsieur Kouchner :
Mesdames et Messieurs,
J’accueille avec bonheur mon ami, le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad.
Nous avons parlé de la situation après la rencontre du Quartet à Charm el-Cheikh. Nous avons félicité le Premier ministre - et je ne le féliciterai jamais assez - d’être l’artisan des projets qui ont été réalisés, près de 1050 depuis la Conférence de Paris. Pierre Duquesne vient de m’apprendre que 1,600 milliard de dollars avaient été consacrés à ces projets - pour la première fois les dons ont dépassé les promesses : 1,100 milliard avait été promis et 1,600 milliard ont été donnés.
Nous avons également évoqué l’avenir. La création de l’Etat palestinien est notre but commun. Nous ne pouvons pas nous arrêter sous prétexte que les administrations américaine et israélienne font face à des changements et à des élections. Nous avons, donc, décidé de nous revoir dans le cadre du suivi de la Conférence de Paris le 15 décembre et de travailler à d’autres projets. En décembre avant la fin de la Présidence française de l’Union européenne, à une date qu’il conviendra de déterminer, nous nous réunirons de nouveau. En janvier prochain se tiendra une réunion des directeurs et des experts pour le suivi de la Conférence de Paris.
Je dirai un mot tout de même sur le changement des mentalités et sur la réussite des « travaux forcés » du Premier ministre Salam Fayyad. En effet, la dernière fois que nous étions ensemble c’était pour visiter à pied, dans la foule, Jenine et la situation a considérablement changé grâce à la prise en charge palestinienne de la sécurité pour les Palestiniens. Le Premier ministre m’a expliqué où ils en étaient à Hébron. Personne n’aurait pu imaginer il y a encore un an qu’Hébron pouvait également assurer - pour le moment, plus dans la périphérie qu’au centre, pour des raisons que vous comprendrez - sa sécurité.
Avant de laisser la parole au Premier ministre, je tenais à le féliciter une nouvelle fois pour son travail et pour le fait qu’il est un partenaire essentiel de la création de l’Etat palestinien.
Nous arrivons tous les deux des Etats-Unis - le Premier ministre était à New York et moi-même à Washington - et le message que je portais à Washington, à nos amis, c’était la disposition, la volonté européenne, pas seulement de la Présidence française mais des 27 pays, de continuer à s’attacher à poursuivre notre œuvre selon le processus d’Annapolis et de prier la nouvelle administration américaine de s’y mettre au plus vite. C’était également le vœu formulé du Quartet à Charm el-Cheikh. Il s’agissait d’insister sur la nécessité vitale de continuer à œuvrer pour la création de l’Etat palestinien à côté d’Israël.



