Accueil du site > Actualité Palestinienne > Revue de presse > Israël commercialise des produits alimentaires et des formules « soins sans (...)

Israël commercialise des produits alimentaires et des formules « soins sans hospitalisation » toxiques pour les bébés

Israël commercialise des produits alimentaires et des formules « soins sans hospitalisation » toxiques pour les bébés





Des stratégies israéliennes de production spécifiques aux territoires de l’Autorité Palestinienne ?
Par Ziad Abu Zayyad, avocat.

Début juillet, la dixième chaîne de télévision israélienne a diffusé un rapport d’information concernant un bébé palestinien qui souffrait d’inflammations stomatiques et de poussées de fièvre durant des mois, passés entre la maison de ses parents et les lits d’hôpitaux.

Après des mois éprouvants de souffrance et de fatigue, tant pour le bébé que pour sa famille, le médecin traitant a demandé à analyser le lait consommé par l’enfant. La mère a donc apporté une boîte entamée, dont le bébé avait déjà bu. Les analyses de laboratoire ont décelé que le lait était vicié, contenant notamment de fortes doses de produits chimiques non autorisées à ce stade aux nourrissons.

Afin de se baser sur des faits avérés, le médecin a demandé une boîte de lait non encore ouverte. Cette boîte a fait l’objet de la même analyse de laboratoire. La surprise fut que cette dernière – sur laquelle la date limite de consommation affiche fin 2010 – est elle-même contaminée et contient le même pourcentage de produits chimiques, dans des proportions beaucoup trop élevés pour être consommable.

La dixième chaîne de télévision israélienne a également interrogé la direction de l’usine israélienne de production. Cette dernière a réfuté les constatations du laboratoire, maintenant que la qualité de son lait était bonne, et précisant que ce type d’aliment infantile est justement produit par « une chaîne de fabrication spécifique aux régions des territoires palestiniens ».

Toujours d’après la télévision israélienne, le chef de la famille Shyoukhe a fait appel à un avocat afin d’entamer des poursuites judiciaires à l’encontre de la société productrice du lait. A ce stade, il convient de s’arrêter sur les faits pour y réfléchir un peu, sans en perdre de vue l’authenticité avérée.

Nous sommes bien conscients que toutes les sociétés industrielles en Israël possèdent des chaînes de productions spécifiques aux territoires de l’Autorité Palestinienne. La plupart de celles-ci impriment sur les produits destinés à ces régions des libellés en langue arabe. Nombre de ces produits sont d’ailleurs commercialisés sous des dénominations commerciales différentes de celles adoptées pour les mêmes produits en Israël. Notons également que les prix de ces produits varient en fonction de la région de commercialisation.

Nous savons aussi que les sociétés israéliennes de production et de commercialisation de produits industriels et agro-alimentaires fabriquent de très grandes quantités à destination des régions des territoires palestiniens. Il existe entre Israël et les territoires une forte coopération commerciale, qui représente plus de 15 milliards de shekels (environ 2,7 milliards d’euros) par an ! La part des exportations israéliennes pèse pour 80% de ces échanges, soit une balance commerciale largement excédentaire, puisqu’elle représente plus de 12 milliards de shekels (environ 2,2 milliards d’euros) chaque année au profit d’Israël.

Un boycott par les marchés palestiniens de ces produits israéliens engendrerait une crise capable d’asphyxier l’économie israélienne, en provocant la fermeture de nombreuses usines, et en conduisant à licencier des dizaines de milliers de salariés. On comprend alors le puissant levier dont disposent les consommateurs palestiniens pour poser leurs conditions quant à la qualité et la fiabilité de la production israélienne qui leur est destinée – voire, à défaut, pour y trouver des substituts.

Il est inconcevable, illogique et inacceptable que le marché palestinien consomme des produits industriels et agro-alimentaires israéliens non-conformes aux normes sanitaires, sans qu’il n’y ait aucune barrière ni rejet à l’entrée de tels déchets. Il faut absolument exiger la vérification et le contrôle de ces produits pour valider leur aptitude à la consommation humaine.

Dans ce contexte précis, je fais plus particulièrement appel aux Ministères de la Santé et de l’Economie, afin qu’ils mettent en place des règlementations immédiates : tous les produits industriels, agro-alimentaires et médicaux entrant sur le marché palestinien doivent être soumis à des tests en laboratoire, afin de s’assurer de leur validité. Au-delà de la date de péremption figurant sur le produit, il faut des analyses effectives et réelles, sur la base de vrais protocoles scientifiques qui garantissent la sécurité du citoyen consommateur. Je revendique également, et surtout, que soit sévèrement punie toute personne tentant d’introduire dans les territoires palestiniens des produits impropres à la consommation, sans contrôle ni vérification, et ce, par une stratégie de recherche du profit purement matériel au détriment de la santé et de l’hygiène des personnes, mettant leurs vies en péril.

J’exige également que ce sujet fasse l’objet d’un débat populaire massif et sérieux. Il doit être pris comme base de résolution en haut lieu, tant au niveau général du débat public que dans les mosquées, c’est-à-dire comme sujet de discussion religieuse, dans le seul et unique but de porter à la connaissance de tous le danger de tels agissements.

Le fait de prétendre qu’un produit déterminé est fabriqué par une chaîne de production réservée aux régions de l’Autorité Palestinienne, est un sujet qui génère beaucoup de doutes et de craintes, notamment en ce qui concerne des produits tels que le lait infantile. En effet, il est fort probable que ce dysfonctionnement touche d’autres produits destinés aux enfants, mais aussi aux adultes.

Ziad Abu-Zayyad
journal Al-Quds






haut de page

olp anp Mission de Palestine en France
14 rue du Commandant Léandri
75015 Paris - France
Téléphone : 00 33 1 48 28 66 00
Télécopie : 00 33 1 48 28 50 67