Accueil du site > Actualité Palestinienne > La politique de colonisation israélienne sape la solution de deux (...)

La politique de colonisation israélienne sape la solution de deux états

La politique de colonisation israélienne sape la solution de deux états

Nous publions ci-dessous un article paru dans « The Independent » du 07 juillet 2010






Selon un rapport qui vient d’être publié par B’EITSELEM
La politique de colonisation israélienne sape la solution de deux états
Par Catrina Stewart et David Usborne



Les colons juifs, qui revendiquent un droit divin sur l’ensemble d’Israël, contrôlent désormais 42% de la CisJordanie occupée, ce qui représente un puissant obstacle à la création d’un état palestinien, selon un nouveau rapport qui vient d’être publié.

La juridiction de quelques 200 colonies, illégales au regard du droit international, couvre beaucoup plus du territoire palestinien qu’on ne le pensait.

La grande partie de la terre confisquée appartient à des propriétaires fonciers privés palestiniens, au mépris d’une décision de la Cour Suprême israélienne, selon le rapport. Une conclusion qui s’accommode mal avec les affirmations israéliennes selon lesquelles les colonies sont construites uniquement sur les terres de l’Etat.

S’appuyant sur les cartes militaires officielles et les statistiques de la population, le premier groupe israélien de défense des droits de l’homme, B’tselem, a compilé les nouvelles donnes qui ont été publiées juste au moment de l’arrivée du Premier ministre, Benyamin Netanyahu à Washington, pour essayer de guérir une fracture béante, qui affecte ses relations avec le Président Barak Obama, sur la question des colonies de peuplement.

Le rapport a conclu en écrivant que l’entreprise de la colonisation a été caractérisée, depuis sa création, par une approche instrumentalisée, cynique, voir criminel, eu égard au droit international. La législation locale, les ordonnances des militaires et la loi israélienne, ont permit le chapardage permanent des terres des palestiniens en Cis Jordanie.

La demande de Mr. Obama pour un gèle des constructions illégales a été à l’origine des mois de friction entre son Administration et le gouvernement Israélien. Mais, hier, le Président Américain, face à des élections à mi-parcours en novembre prochain, semblait désireux de mettre fin à cette dispute avec les Israéliens.

Il a dit que le pays faisait « des réels progrès » en améliorant les conditions de vie à Gaza, et que le gouvernement israélien tient sérieusement à la réalisation de la paix.

Les deux hommes ont fait une apparition publique conjointe, soigneusement chorégraphié pour transmettre la facilité et l’amitié mutuelles.

Lors de la dernière visite de Monsieur Netannyahou à la Maison Blanche, en mars dernier, la colère des Etats-Unis contre son refus de mettre fin à la construction des colonies, signifiait que le Premier ministre s’est vu refuser une apparition conjointe avec M. Obama devant les caméras. Cette fois-ci la photo-op a été accordée et les deux hommes ont partagé un repas, qui n’a pas été un dîner d’Etat mais un déjeuner de travail.

Monsieur Netanyahu, en répondant à un journaliste, qui l’interrogeait sur les tentions perceptibles entre les deux pays, a déclaré que les informations sur le décès des relations spéciales US-Israél sont prématuré, mais elles sont seulement à plat d’une façon erronée.

Jouant sur le même tableau, M. Obama a dit que le lien « entre les Etats-Unis et Israél est incassable ».

Mais les révélations dans le rapport de B’eitselem suggèrent que ; malgré la volonté exprimé par M. Netanyahu pour la paix, sa politique concernant les colonies, demeure un obstacle dangereux à la création d’un Etat palestinien indépendant, et donc à une paix durable.

Ils jettent (les révélations) un coup de projecteur sans concession sur les pratiques israéliennes dans les territoires palestiniens, qui ont longtemps suscité des critiques internationales, pour établir « des faits sur le terrain », entravant ainsi la création d’un Etat palestinien viable.

Si la plupart des activités des colons juifs est concentré sur 1% de la CisJordanie, les conseils des colons ont, en réalité, clôturé ou marqué de vaste massifs de terres, comprenant quelque 42% de la CisJordanie, selon le rapport de B’Tselem.

Malgré l’interdiction par Israël, de l’expansion des colonies sur les terres privées des palestiniens, les colons ont mis la main sur 21% de ces terres-là.

La loi internationale considère que les colonies israéliennes, construites dans les territoires occupées comme illégales. Ceci inclus des milliers des maisons de juifs à Jérusalem Est.

B’Tselem a allégué qu’Israël a mit au point un vaste système de failles juridiques pour réquisitionner les terres des Palestiniens.

Au même temps, Israël a construit des routes de contournement, mis en place de nouveau points de contrôle (check points) et a pris le contrôle des ressources limité d’eau, au profit des colons. Ces mesures ont effectivement crées des enclaves palestiniennes à l’intérieure de la CisJordanie, selon le rapport B’Tselem.

Selon le droit international, toutes les colonies juives construites dans des territoires occupés sont illégales. Celles-ci inclus toutes les colonies construites en CisJordanie et les milliers des maisons de juifs à Jérusalem Est. Le secteur à dominante Arabe et qui a été annexé après la guerre de six jours de 1967.

La communauté internationale considère encore Jérusalem Est comme étant occupée.

Malgré des engagements fermes des gouvernements israéliens successifs à démanteler les colonies illégales, construites après 2001, et d’arrêter l’expansion des colonies, Israël a fourni des millions de dollars alléchants, pour encourager les familles pauvres à s’installer en CisJordanie. Quelque 300.000 colons vivent aujourd’hui en CisJordanie.

Les colons ont immédiatement attaqué le rapport de B’Etselem, affirmant qu’il a été programmé pour saboter les entretiens de Washington entre Netanyahu et Obama.

A Washington, aucune percée concrète n’a été annoncée, mais M. Obama croyait que le leader israélien était prêt pour aller en avant vers des pourparlers directs avec les Palestiniens.

Les pourparlers indirects ont commencé tôt cette année, sous l’égide de l’envoyé spécial, le médiateur américain, Georges Mitchell.

M. Netanyahu a montré des signes de répondre à la pression « la paix est la meilleure option pour nous tous, et je crois que nous avons une occasion unique de la faire » a t-il-dit. « Si nous travaillions ensemble avec le Président [Palestinien] [Mahmoud] Abbas, nous pouvons apporter un grand message d’espoir pour nos peuples, dans la région et au monde. »

Les Palestiniens continuent de refuser des pourparlers directs avec Israël, tandis que la construction des nouvelles colonies est autorisée. L’activité de colonisation se poursuit à Jérusalem Est, dont les Palestiniens ambitionnent à inclure dans un nouvel état. Les relations d’Israël avec les USA sont déjà effilochées. M. Netanyahu a reporté une visite à la Maison Blanche, le mois dernier, à la suite du raide meurtrier d’Israël contre une flottille turque, qui essayait de livrer de l’aide humanitaire pour Gaza.

Pour M. Obama, le danger est évident : toute animosité de longue durée à l’égard d’Israël pourrait se traduire par des voix perdues lors des élections à mi-parcours.

Par Catrina Stewart et David Usborne
« The Independent » du 07 juillet 2010
Traduction : Moussa SUWWAN, le 21 juillet 2010






haut de page

olp anp Mission de Palestine en France
14 rue du Commandant Léandri
75015 Paris - France
Téléphone : 00 33 1 48 28 66 00
Télécopie : 00 33 1 48 28 50 67