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«Élus et personnalités pour le respect du droit international au Proche-Orient et de la reconnaissance de l'État palestinien » à l’IMA - Mission de Palestine en France

« Élus et personnalités pour le respect du droit international au Proche-Orient et de la reconnaissance de l’État palestinien » à l’IMA

vendredi 7 octobre 2011

Le CIDEFE (Centre d’Information, de Documentation, d’Études et de Formation des Élus) a organisé en partenariat avec la Mission de Palestine en France un colloque international intitulé « Élus et personnalités pour le respect du droit international au Proche-Orient et de la reconnaissance de l’État palestinien" à l’IMA (institut du Monde Arabe), le mercredi 5 octobre et cela durant toute une journée.

Il s’agit d’une formation destinée essentiellement a pointer les actions à mener dans les collectivités locales pour contribuer à faire respecter le droit international au Proche-Orient, au moment où la question de la reconnaissance de l’État palestinien se pose à l’Assemblée générale de l’ONU.
Un échange fructueux a eu lieu durant toute la journée entre des élus et des personnalités grâce à la mise en place des trois tables-rondes. Les discussions ont très bien évalué la situation au regard du droit international, d’un côté, passer en revue les actions engagées dans les collectivités et voir quelles actions mener dans la nouvelle situation, notamment en matière de coopérations décentralisées, d’un autre côté.

Intervention de Mr Safwat IBRAGHITH, Premier Conseiller, Mission de la Palestine en France

Quelques mots de remerciements :

Permettez-moi tout d’abord de saluer et de remercier Lysiane ALEZARD, et son équipe du CIDEFE (Centre d’Information, de Documentation, d’Études et de Formation des Élus) d’avoir initié ce colloque sur le thème « Élus et personnalités pour le respect du droit international au Proche-Orient »
Ensuite, je me tourne vers vous, Mesdames et Messieurs les élus, députés et maires, chers amis et camarades pour vous dire que les mots ne suffisent pas pour exprimer, comme cela se doit, toute notre gratitude pour ce que vous faites au service de la justice et du droit en Palestine, un grand merci à vos collectivités locales et à vos électeurs d’avoir surtout choisi des femmes et des hommes d’engagement et de solidarité.

Je pense à tous les députés français et européen, Mr Patrick Le Hyaric, Mme Marie Christine Vergiat, Mr Francis Wurtz ainsi qu’à toutes les femmes et à tous les hommes de conscience et de valeurs, certains qui ne sont pas aujourd’hui parmi nous : j’en cite un grand ami et un farouche militant, que vous connaissez tous : Monsieur Fernand Tuil, je lui souhaite un bon et rapide rétablissement.

Je pense également à tous les maires des villes françaises qui ont pu récemment transformer la relation avec la Palestine en réel partenariat, je ne peux pas m’empêcher d’en citer ici quelques villes : Vaulx-en-Velin, Bagnolet, Stains, Saint Denis, Gennevilliers, Arcueil, Belfort, St Brieuc, Valenton, Malakoff, Gentilly, Vitry sue Seine…
Enfin, c’est à nos partenaires traditionnels que je me tourne cette fois ci, Radio Orient et ses journalistes défenseurs de l’opinion libre et à l’institut du Monde arabe, cet établissent prestigieux, ce pont principal qui rapproche les connaissances et cultures entre nos pays arabes et la France, à eux et à leurs directions je fais éloge, à la librairie « envie de lire » et très particulièrement à notre camarade Raoul.
Je ne peux pas manquer, dans mon remerciement fraternel, toutes les associations du mouvement de solidarité avec la Palestine : AFPS, AJPF, la ligue des droits de l’homme, l’UJFP, une autre voix juive, pour Jérusalem, etc
Je remercie enfin tous les intervenants à ce colloque, notamment : Mr Pascal BONIFACE, directeur de l’IRIS, Mr Alain Gresh, directeur adjoint du Monde diplomatique, Mme la Sénatrice Esther BENBASSA, directrice d’études à l’école pratique des hautes études (Sorbonne)
Je vous remercie tous d’être venu ce matin, et notamment les invités qui sont venus de loin, du Maroc, de la Tunisie, de l’Italie et de l’Espagne, du Grèce.

Chers amis,
Comme vous le savez tous, un événement historique majeur a eu lieu au mois de septembre dernier ; il s’agit de la demande qu’a présenté, à l’ONU, le Président Mahmoud ABBAS, c’est une demande d’adhésion de l’État de Palestine dans ses territoires occupés par Israël depuis 1967. C’était un grand moment qu’a vécu le peuple palestinien.

Aujourd’hui même, la Palestine s’est vue accordé un statut de partenaire avec le conseil de l’Europe à Strasbourg, nous sommes le 2e pays arabe après le Royaume du Maroc, là aussi, c’était un autre moment de l’Histoire palestinienne.

Aujourd’hui encore, le groupe des pays arabes dépose, à l’initiative de la Palestine, un projet d’une recommandation qui permettrait, lors de la prochaine conférence générale de l’UNESCO en fin du mois, à la Palestine de devenir un membre à part entière au sein de cette organisation onusienne spécialisée de la culture et de l’éducation, les moments historiques se succèdent et vont dans le bon sens.

Un petit mot sur le discours de Mr barack OBAMA ;

Le monde entier témoigne des pressions que les israéliens et leurs alliés américains ont employé pour faire rejeter une telle demande, qui a, certes, échappé aujourd’hui à leurs contrôles.

Dans son discours à la tribune de l’ONU, Mr OBAMA en faisant siens tous les arguments israéliens a rejeté la demande d’adhésion pleine et entière et s’est opposé farouchement contre toute démarche des Palestiniens pour obtenir la reconnaissance de leur État à l’ONU.

Au moment où les Palestiniens et avec eux tous les libres du monde se félicitaient et applaudissaient debout le discours fort du Président Palestinien, la magie du rêve obamien, prononcée au Caire il y a seulement deux ans s’était complètement envolée.

Notre peuple ainsi que les autres peuples arabes jugent le discours de Mr barack OBAMA non seulement comme pro-israélien mais en plus comme une trahison contre les valeurs démocratiques que prétendent défendre les États-Unis d’Amérique ainsi qu’ils prétendent soutenir les révolutions arabes.
42 VETOS américains à l’ONU ont permis et permets encore à Israël de continuer à imposer l’apartheid dans la région.

Un petit mot sur la position française ;

Nous avons salué la position française qu’a exprimée le Président Sarkozy à l’ONU, Malgré certaines réserves, la France s’est engagée dans la voie de la reconnaissance explicite de l’état, alors même que les efforts s’emploient encore pour élaborer une formule qui permettrait de matérialiser un consensus européen sur le vote prochain à l’ONU.

Notre position sur la reconnaissance de l’état palestinien à l’ONU :

Définir la démarche :

D’abord, la demande de l’adhésion de l’état palestinien à l’ONU comme membre à part entière est venu très tardivement, autrement dit 64 ans depuis la mise en application du plan de partage. Puis, c’est une démarche qui s’inscrit parfaitement dans le droit moral et politique qui revient au seul Peuple palestinien, connu sous le droit à l’autodétermination.
Ensuite, cela permettra d’inscrire la légalité et les négociations dans le cadre des résolutions de l’ONU notamment celles reconnaissant les frontières de 1967 et Jérusalem-est comme capitale et le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Enfin, notre intention n’est pas de créer une confrontation avec les américains ou d’autres, il ne s’agit pas non plus de délégitimer Israël ni de l’isoler, mais plutôt sauver l’option de deux états vivant côte à côte en respect mutuel et en paix, cette option risque de devenir irréalisable aujourd’hui en raison de cette politique suicidaire de l’état d’Israël.

L’importance de la démarche :

Une telle reconnaissance même au sein de l’assemblée générale de l’ONU, si le conseil de sécurité décide de la faire avorter, est d’une haute importance car elle améliore directement les rapports de force légal et politique en faveur des droits palestiniens et de la possibilité de rejoindre une série d’instances, d’organismes et de conventions internationales qui constitueront autant de tribunes et de points d’appui.

Mais au delà de ces considérations, il convient de comprendre que l’état palestinien illustrera l’échec du projet historique et idéologique du sionisme consistant à nier l’existence même du peuple palestinien, cet échec, je dirai effondrement, risque de déstabiliser en profondeur les mythes fondateurs de cette arrogance du pouvoir et de ce sentiment d’être exceptionnel et d’agir en toute impunité.
Malgré le fait que le dépôt d’une telle demande constitue une victoire symbolique de la stratégie palestinienne, celle-ci a mis certes un terme à la théorie mensongère des territoires "disputés" ainsi qu’au chantage de la reconnaissance de caractère juif d’Israël, nous reconnaissons pourtant qu’une telle démarche risque de ne rien changer pour un moment, et même de provoquer un durcissement de la position israélienne tant au niveau du discours que des pratiques répressives.

Notre stratégie :

Notre nouvelle stratégie est fondée sur la résistance populaire pacifique à l’occupation et à la colonisation, le développement des institutions de notre État sur le plan socio-économique et sur la gouvernance, la consolidation de notre société, la sortie de la division inter-palestinienne pour construire une société démocratique et ouverte.

Un petit mot sur la solidarité internationale, qui est un élément principal de notre stratégie
Les mouvements de solidarité ont déjà réussi à transformer le rapport de force moral et les opinions publiques, après des décennies d’ignorance voire de complaisance ; j’aimerais me référer à un récent sondage, qu’a réalisé IFOP pour AVAAZ.ORG : 82% des Français croient que le peuple palestinien a le droit à l’autodétermination et à son propre État, et 69% souhaitent que la France vote pour la reconnaissance de l’État de Palestine à l’ONU.

La réalité de la situation est que la cause palestinienne, qu’est une cause, devenue avec le temps universelle, une bataille pour les droits de l’homme dépassant tout cadre territorial ou limite quelconque, cette cause s’est vu renforcée grâce aux actions menées par la société civile partout dans le monde, notamment chez les grandes puissances, du soutien des élus à l’envoi de missions civiles sur le terrain, de la campagne BDS à la coopération décentralisée, etc., toute action a contribué à faire reconnaitre l’existence du droit palestinien en dépit de toutes politique négationniste contre les revendications nationales du peuple palestinien, depuis plus de 64 ans.

Avant de terminer mon intervention, je souhaite vous rappeler que des milliers de nos prisonniers politiques en Israël, mènent courageusement, et ce depuis une semaine, une grève de faim, nous souhaitons que cette journée et toute prochaine activité donnent importance à la cause des prisonniers palestiniens, notre revendication est claire, pas de paix sans la libération des prisonniers.

Je vous remercie de votre attention