Warning: array_shift() [function.array-shift]: The argument should be an array in /htdocs/public/www/config/ecran_securite.php on line 252
Témoignage : rencontre avec la Palestine - Mission de Palestine en France

Témoignage : rencontre avec la Palestine

mardi 29 janvier 2013

À l’occasion des Huit Heures pour la Palestine, organisées à Évry le 1er décembre dernier, nous avons rencontré Nora.

Cette jeune assistante sociale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse retrace pour nous les prémices de sa rencontre avec la Palestine.


Autour de la "controverse Dieudonné", elle cherche à comprendre ce qu’est cette Palestine sous-tendue dans son discours. Au fil de ses lectures, l’intérêt de Nora prend de l’ampleur.
L’envie est là, indubitablement, il est temps d’aller voir par elle-même.

Sa première expérience est avortée : elle reste bloquée à l’aéroport de Roissy avec les autres participants de la mission "Bienvenue en Palestine" (organisée par l’association Euro-Palestine).

Nullement découragée, et cette fois résolument décidée à mettre les pieds en Palestine pour de bon, elle s’envole en juillet avec des membres du CCIPPP (Missions civiles pour la protection du peuple palestinien). Son voyage de 15 jours la conforte dans son engouement : une fois revenue, elle n’a qu’une idée en tête, y retourner.

En octobre, donc, elle effectue un nouveau voyage de 15 jours, avec des membres de l’AFPS.
L’objectif du voyage est qu’au retour, chacun des membres (de comités différents en France) fasse part de son expérience dans sa région, et puisse à son tour préparer et organiser un nouveau voyage.

Aujourd’hui, le bureau où Nora officie, l’endroit où elle reçoit ces jeunes dits "en danger" ou "délinquants", est orné d’une figure que nous connaissons bien : celle d’Handala.
Elle remarque rapidement que le sujet suscite chez ces jeunes une curiosité singulière, et qu’une opportunité de taille se présente : saisir cette entrée en matière ludique et éducative afin d’ouvrir ces jeunes aux autres, les ouvrir sur le monde. Peut-être transcender leur "instabilité", par le biais d’une rencontre particulière : la Palestine, et surtout ses jeunes.

À terme, l’idée est de sensibiliser à cette initiative les associations qui organisent des séjours de rupture pour ces mêmes jeunes : pourquoi pas des séjours de rupture en Palestine ? Ce serait l’occasion d’un véritable exercice d’introspection. Par l’ouverture sur une situation donnée, celle de la Palestine, et par la rencontre avec les jeunes palestiniens, par l’appréhension de leurs défis, de leur quotidien, de leurs propres questionnements, elle fait le pari que ces jeunes redeviendraient acteurs de leur vie, acteurs de cette société.

Voici le témoignage dont elle nous a fait part, lors des Huit Heures pour la Palestine, à Évry, le 1er décembre dernier :

A Toi Palestine…

Je me nomme Nora… Nora CHERIFI. Ce détail à son importance au regard de ce que je vais vous témoigner. En fait, il en a principalement pour les autorités israéliennes.

A mon arrivée à l’aéroport de Tel Aviv, en passant la douane comme dans n’importe quel aéroport du monde, on vous demande de présenter votre passeport pour vous y apposer le visa d’entrée.
Me concernant, lorsque le douanier découvre mon nom de famille, il me demande l’identité de mon père puis celle de mon grand-père paternel. Je tente alors de leur expliquer, en anglais, que ces éléments précis de ma généalogie me sont inconnues… Il me demande par la suite si je suis de
confession musulmane.
Atterrée par la question, je lui réponds : « si vous le dîtes… ». De là, il fait un signe à un autre douanier, lui tend mon passeport, tout en lui parlant en hébreu. Je demande à ce que la conversation me soit traduite en anglais mais ils m’ignorent…

Comprenant que tout ce qu’on m’avait dit jusqu’alors, au sujet de la douane israélienne et ses méthodes « d’accueil », précisément lorsque votre nom est à consonance arabisante, allait se dérouler…
S’en est suivi 3H30 d’attente, entrecoupée de 3 types d’interrogatoires. Le dernier d’entre eux étant
celui que je nommerai « la tentative d’intimidation par la voie du mépris »…

Aujourd’hui, après deux voyages en Palestine, je veux vous témoigner, tout haut, ce qui s’y passe…

A Jérusalem (Al Qods), j’ai compris à quel point le tourisme était utilisé. Utilisé comme une « arme », une parmi tant d’autres, de la colonisation israélienne.
Nous avons rencontré Yonathan, membre de « Emek Shaveh », un collectif d’archéologues qui lutte contre l’utilisation abusive de leur profession à des fins coloniales, par le gouvernement israélien.
Il nous montre des panneaux explicatifs présents sur les sites archéologiques, situés aux abords de la vieille ville. Ces derniers orientent la compréhension du touriste au sujet de la Terre qui se trouve sous ses pieds… Ces panneaux orientent également le regard que l’on pose autour et au loin de Jérusalem pour ne pas voir Jérusalem Est, ce qui reste de la terre de Palestine…

D’une manière plus large, l’architecture des paysages, les routes (tunnels, ponts, remparts), permet aux israéliens, et touristes, de ne pas voir ce qui reste de la partie censée appartenir aux palestiniens, après le plan de partage par l’ONU en 1947…

Hébron (Al Khalil). Ville réelle d’un état d’apartheid…

On y découvre des rues coupées, modifiées, qui paralysent cette magnifique ville. « Shuahada street » (rue des martyrs), une des artères principale de la ville : une rue coupée par un check point car la partie qui se trouve derrière a été colonisée par l’expropriation forcée.

Une ville coupée en deux au sens des rues mais également, et c’est unique, au sens des maisons…
Les militaires expulsent les palestiniens vivant aux étages supérieurs de leur maison pour permettre à des colons de s’y installer. Ils occupent ainsi le haut des maisons qui surplombent les ruelles de la vieille ville et ses boutiques.
Des grilles ont été installées pour protéger les palestiniens, vivant plus bas et circulant dans les rues, des déchets, pierres ou bouteilles, jetés par les « voisins imposés » du haut.

Coloniser le haut des maisons, construire des colonies sur les plus hautes collines de Cisjordanie. La Domination à tous niveaux…

Les palestiniens dits de 48 : L’exemple d’Akka, une ville située au nord d’Israël

Il y a les palestiniens de Cisjordanie. Le palestiniens de Gaza, du Liban, de Syrie mais nous n’oublions pas les palestiniens de 48, ceux qui sont restés dans les frontières dîtes d’Israël établies par le plan de partage de l’ONU. Je ne m’attarderais pas à rappeler la définition même d’un Etat et du critère des frontières.
Leur combat est double : combattre l’indifférence en réaffirmant leur identité palestinienne, tout en essayant de lutter contre les inégalités sociales que vivent aussi des juifs israéliens.
Promouvoir l’identité palestinienne est nécessaire car la stratégie israélienne consiste à rendre les palestiniens « étrangers » sur leur propre terre. Difficile de se dire que l’on a à prouver que l’on existait déjà avant la création d’Israël.

Une des stratégies du gouvernement israélien consiste à expliquer aux familles palestiniennes de la vieille ville d’Akka, que pour des raisons de sécurité, ils doivent évacuer leur maison, le temps de sa rénovation.
En attendant, leur est proposé d’aller vivre dans une des maisons du village nouvellement construit à la sortie de la ville.
Les rénovations terminées, on présente la facture aux palestiniens qui sont, évidemment, dans l’incapacité de payer ; leur bien et sa terre sont confisqués.

A Akka (ou Akko selon les israéliens), une ville située au nord d’Israël, les faits sont là : incontestablement, on observe un processus d’épuration ethnique à l’égard des Palestiniens de 48, en détruisant, transformant, confisquant et modifiant tout ce qui peut être lié à la présence et à la
culture des « arabes ».

Et nous dans tout cela…

Notre mission de citoyens français, citoyens du monde, est de rétablir la vérité sur ce qui se passe aujourd’hui (et qui dure depuis plus de 64 ans) en Palestine.

Nous devons, aujourd’hui, parler d’apartheid, de colonisation, d’épuration ethnique.

Nous devons, aujourd’hui, assumer nos propos lorsqu’on évoque la situation palestinienne et ce, devant quiconque. Cette contribution, notre contribution, soutient le combat palestinien, le combat humain et ses droits inaliénables pour tenter de faire évoluer les opinions.

Nous, citoyens du Monde, nous devons apprendre à remettre les mots à l’endroit. Et rappeler, à nos gouvernements prétendument représentatifs de notre pouvoir, notre soutien à l’égard du peuple palestinien.

Voilà un de nos combats qui doit contribuer à la prise de conscience collective des réalités de ce monde. En voilà une : la Palestine est la dernière occupation militaire au monde…

Pour finir, je vous dirai que je ne veux pas être de ceux, qui raconteront cette partie de l’Histoire à nos enfants…

…L’Histoire de la Palestine que nous avons laissé colonisée, expropriée, massacrée et ce, de notre vivant…

…Au nom, de ce que nommeront les acteurs et écrivains de ce Monde…

…Leur Justice.

Nora.
Citoyenne du Monde


Agenda

<<

2014

 

<<

Octobre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
293012345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829303112
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois